Isabelle Jarniou, Managing Director France, Eurotech

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Interview de Isabelle Jarniou, Managing Director France, Eurotech

 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Eurotech ?

Depuis plus de 30 ans chez Eurotech (Groupe International Européen) nous développons des calculateurs embarqués pour milieux sévères (ferroviaire, automotive, industrie…). Si nous sommes tant impliqués dans l’écosystème actuel autour de l’IoT et du Edge Computing c’est que depuis 10 ans  nous intégrons à nos solutions Hardwares une dimension IoT composée d’une couche logicielle de connectivité embarquée et d’une Plateforme IoT permettant la collecte des données mais surtout la gestion à distance des équipements déployés. Les calculateurs/passerelles Edge permettent la surveillance des assets et hébergent les applications logicielles embarquées, les calculateurs Edge Haute Performance (HPEC) sont conçus pour fournir la puissance nécessaire en local pour des applications complexes d'intelligence artificielle IA comme le machine Learning ou le Deep Learning.

En combinant sa longue expérience dans le développement des technologies PC embarquées en environnements difficiles (CEM, température, chocs/vibrations, haute fiabilité…) et son savoir-faire en Super Calculateurs dédiés aux applications de calculs intensifs et d’algorithmies IA, Eurotech a créé des Supers calculateurs embarqués capables de fonctionner dans des conditions environnementales contraignantes. Eurotech a toujours misé sur les avancées possibles du Edge Computing « puissant » : faire descendre au plus près des données des capacités de calcul jusqu’ici réservées au « Cloud » ouvre de nouvelles perspectives en parallèle de celles adressées par le Cloud Computing.

Avec des sites en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, le Groupe EUROTECH touche les secteurs de l'industrie, du transport, de la défense, de l'aéronautique, du médical et de la recherche.

 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans les nouvelles technologies et particulièrement dans l’IoT ? Qu’est-ce qui vous passionne ?  

Ayant débuté ma carrière dans le domaine de l’électronique embarquée, le chemin vers les nouvelles technologies s’est déroulé tout naturellement. En effet, l’IoT n’est pas né d’hier, la vision d’un univers « tout-connecté » nous avait été présentée par le président d’Eurotech (Roberto Siagri) en 2004. Cette conscience précoce du futur du M2M, l’IoT d’aujourd’hui, nous a souvent positionnés en avance de phase même devant les grands acteurs de notre secteur ! Il a été passionnant de suivre les évolutions du marché, la guerre des réseaux IoT, la ruée vers l’or mouvementée des startups, la valse des prédictions du nombre d’objets connectés en 2020, les menaces apocalyptiques des failles de cybersécurité ou la grande peur de la fameuse Singularité technologique alimentée par les avancées liées à l’IA.

Plus modestement, ce qui me rend fière d’appartenir à ce Groupe « éclaireur » en terme d’« IoT »  et d’IA est de constater les nombreuses reconnaissances reçues des cabinets tels que Gartner ou Frost&Sullivan après toutes ces années d’investissements et de développement. Aujourd’hui c’est la reconnaissance de nos clients et du marché qui nous motivent à persévérer.

 

Où en est le marché de l’IoT aujourd’hui ? Quelles seront ses évolutions à court et long terme ?

Justement, la maturité est un sujet, je pense qu’aujourd’hui nous sommes à l’adolescence de l’IoT : en pleine structuration. Cela aura pris du temps. En 8 ans, j’ai pu vivre la mutation formidable du positionnement des industriels sur la question IoT. En 2012 lorsque je rencontrais nos clients (et parfois de grandes entreprises) et leur présentais notre proposition de valeur : connecter leurs machines, leurs installations pour faciliter la maintenance, mieux gérer les parcs, créer de nouveaux services… on nous répondait : cela n’arrivera jamais chez nous !

Ces mêmes entreprises nous sollicitent aujourd’hui pour leurs projets…

Le marché de l’IoT dans le secteur industriel n’est certainement pas celui que les cabinets prévoyaient pour 2020 mais nous constatons une nette augmentation des projets réels et sérieux  (exit les POCs interminables). Cette lenteur d’adoption n’est pas due aux technologies elles-mêmes, mais davantage à l’inertie des entreprises pour opérer le changement obligatoire. Les activités OT (operational technologies) et IT (Information technologies) sont deux mondes totalement hermétiques qu’il a fallu remanier et faire communiquer. De tels projets requièrent également de nouvelles compétences (en cyber sécurité ou IT par exemple) jusqu’ici peu nécessaires dans le monde fermé du M2M.

Aujourd’hui les entreprises sont mieux dimensionnées pour appréhender des projets IoT par définition « complexes ». La plus grande erreur est de croire que l’IoT est simple. Son concept l’est, son implémentation beaucoup moins car au-delà de l’utilisation des avancées technologiques disponibles et maintenant abordables (c’est-à-dire avec un ROI palpable) c’est l’adoption des nouveaux usages qui peut bloquer.  A court termes les déploiements d’applications IoT industrielles vont s’intensifier au fur et à mesure que les verrous de blocage sauteront :  l’émergence de solutions hautement cyber-sécurisées ainsi que de capacités de puissants traitements en local devraient faire lever les derniers boucliers pour une adoption de masse !

A long terme, l’IoT sera juste une évidence quelle que soit son architecture.

 

Lors de Data Centre World Paris, vous prendrez part à la table ronde ‘Edge computing : pour quels usages ?’ Quels sont aujourd’hui les avantages et les modalités de l’edge computing ? A quelles problématiques répond-il ?

Le concept de l’IoT est parfois mal exposé. En effet, l’IoT s’est souvent vu réduit aux applications mettant en œuvre la connexion de capteurs autonomes en énergie, dispersés, peu intelligents, poussant de la donnée sans avoir d’interaction directe possible avec les actionneurs terrain. On a tellement fait de buzz autour des réseaux de communication basse consommation (Sigfox, Lora et maintenant 5G) que pour beaucoup une architecture IoT est une architecture qui connecte directement le capteur à un cloud, en liaison point-à-point, ou via des gateways/hubs sans « Intelligence Edge ». Mais en réalité, il y a beaucoup d’architectures possibles, et dans nos domaines d’activités les applications IoT sont souvent des extensions d’applications déjà Edge.

Chez Eurotech, une passerelle est un calculateur embarqué augmenté de fonctionnalités IoT par son framework embarqué et ses capacités de connexion aux diverses Plateformes IoT du marché (du M2M augmenté). Ce que permet le Edge Computing c’est la combinaison de traitement locaux en parallèle de traitements Cloud, le Edge Computing ne remplace pas le Cloud Computing, ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un ET l’autre. Faire une partie des traitements en Edge permet de s‘affranchir des latences et risques divers liés aux réseaux, permet de ne pas avoir à transférer et stocker certaines données critiques et réduisent certains risques liés à la cybersécurité. Ces mêmes traitements en local diminuent les besoins en bande passante réseaux (surtout cellulaire) et optimisent les tailles des bases de données Cloud.

 

De quelle manière le cloud et l’edge vont coexister ?  

Ils cohabitent déjà depuis bien longtemps, ils n’ont pas vocation à s’opposer puisqu’ils sont complémentaires. Pour les mêmes raisons indiquées précédemment... le Edge permet d’adresser des applications qui n’étaient pas adressables avec le « Cloud » seul ou dont la solution « Cloud » n’était pas pleinement satisfaisante face aux risques liés à l’architecture.

Le Edge, plus ou moins puissant, proposera tantôt des capacités de calculs adaptées à des systèmes Experts ou, lorsqu’il dispose de très hautes capacités pourra jusqu’à exécuter des algorithmes d’apprentissage automatiques jusqu’ici réservés au Cloud. Pour autant, le Edge Computing n’exclut en rien le « Cloud » puisque dans la grande majorité des cas, les applications d’Intelligence Artificielle sont décentralisées avec des apprentissages effectués dans le Cloud et les résultantes exécutées au niveau Edge.  Si le Edge se focalise sur l’instant et la décision, c’est par le Cloud que les flottes de Calculateurs Edge déployés sont supervisées (provisionnement, mises à jour, corrections de bugs/failles, maintenance…) le Edge ne peut se passer du Cloud !

Cloud Computing ou Edge Computing, l’une ou l’autre des architectures a un impact financier à mettre en rapport avec la valorisation obtenue par le service rendu ou de la perte engendrée par le service manquant… que va-t-on gagner ? quelles pertes pourra-t-on éviter ?  Une étude détaillée des matrices risques/opportunités des projets donnera certainement de bonnes indications sur le type d’architecture à privilégier.

Et pour la Plateforme IoT ? Cloud SaaS ? IaaS ? PaaS ? On Premise ?   Encore un beau sujet à débat 😊.

 

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